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Accoucher, un rêve devenu cauchemar : Dans les secrets de la dépression post-partum.

Ihsane Zahiri
10/10/2018 11:58

Donner une vie est censé être le moment le plus magique qui puisse être vécu par toute femme sur terre. Néanmoins, une réalité amère fréquente attend plus de 15% des femmes après l’accouchement. Elles se sentent instables, bouleversées et à moral bas, tantôt joyeuses tantôt mornes. Elles perdent plaisir en se sentant coupables et inutiles. Cette irritabilité, donc, dont les mamans sont victimes est due au syndrome de la dépression post-partum qui, d’ailleurs réside l’un des problèmes les plus sérieux de la santé psychique. Que faut-il savoir donc sur ce phénomène ?

Qu’est-ce que la dépression post-partum ?
La dépression post-partum ou post natale est un syndrome dépressif qui apparaît le plus souvent dans les quatre à huit semaines après l’accouchement avec une intensité variée, notamment bénigne (névrotique) ou de niveau psychotique (mélancolique).
Quels sont ses symptômes?
Une femme déprimée après avoir délivré présente:
• Une tristesse intense et durable.
• Une perte d’élan vital et d’intérêt pour les activités du quotidien.
• L’inadéquation dans la relation à l’enfant avec un sentiment d’inefficacité éprouvé par ces mères.
• Une fatigue intense (souvent, dès le matin).
Comment la traiter ?
Il existe diverses modalités de prise en charge :
• Une aide professionnelle.

Des antidépresseurs.
• Un traitement contre l’anxiété.
• L’intégration de groupes d’entraide.
• L’orientation vers le psychologue ou le psychiatre.
Le taux de guérison de la dépression post-partum est élevé. Bien que la dépression puisse se prolonger chez quelques femmes, la plupart d’entre elles constatent une amélioration en quelques mois à l’aide d’une prise en charge appropriée.
Dépression post-partum vs baby blues :
Le baby blues concerne 30 à 80% des femmes et survient généralement entre le 3ème et le 6ème jour après l’accouchement. Il provoque un sentiment de dépression avec fatigue, une tension et une envie de pleurer sans raison. Dans le cas d’un post-partum blues, un traitement médicamenteux n’est pas nécessaire, le soutien des proches et du personnel soignant suffit habituellement à la faire disparaître en 4 à 7 jours au maximum. Le baby blues alors reste un état passager durant quelques jours et facile a surmonter tandis que la dépression post-partum dure des mois et survient des semaines après l’accouchement.
Les hommes en sont-ils victimes ?
Comme les mères, certains nouveaux pères dits oubliés de la dépression post-natale, peuvent être sujets de cette pathologie et donc 10% des hommes sont atteints après l’arrivée du bébé. Cette dépression paternelle peut se manifester par une irritabilité, une agressivité isolation et impatience. En réalité, la nouvelle vie qui s’annonce leur fait peur impliquant de nouvelles habitudes, responsabilités, notamment un quotidien fortement associé à la vie du bébé.
Comment prévenir la dépression post-partum?
La prévention contre le développement de la maladie ou de sa complication symptomatique peut se faire par:
• Une bonne prise en compte des émotions maternelles.
• Une préparation à la fonction parentale.
• Une prévention des situations stressantes.
• Une mise en contact précoce avec un groupe de parole des parents.
• L’assurance d’une écoute active, ainsi que de la continuité des soins
• Le renforcement de la sécurité émotionnelle des parents dans le suivi de la grossesse. Elle conditionne leur confiance en eux pour l’accouchement et l’accueil de l’enfant.

Pour clore, je tiens à insister sur la composante psychique de toute personne. Elle est nécessairement le pilier d’un équilibre essentiel pour un bien être aussi bien physique que psychique.
En définitive, il est impératif de sensibiliser pour le danger du syndrome dépressif post-partum maternel ainsi que paternel pour une vie conjugale et parentale saine et inébranlable.

Rédigé par: Hala Kharmoudi