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Les apprentis sorciers du climat

Ghyta Ouedrhiri
01/12/2017 12:38
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Refroidir artificiellement le climat en créant des nuages pour s’abriter du soleil n’est qu’une des manipulations prévues par la géo-ingénierie : SEULE SOLUTION DÉFINITIVE A LA CRISE CLIMATIQUE. Les autres solutions : 1.modifier notre comportement 2.nous adapter 3.intervenir.
Les spécialistes estiment que les pays signataires des accords de Paris ne parviendront pas à réduire suffisamment leurs émissions de CO2 et que l’objectif de contenir le réchauffement climatique à 1,5 ou 2°C d’ici 2100 est trop amitieux. L’humanité a bien besoin d’un plan B : c’est là que la science du climat entre en piste.
Le géo-ingénierie est un ensemble de techniques qui peuvent nous permettre de nous adapter et de faire face au changement climatique, elles peuvent même empêcher ce changement de se produire ou le contrebalancer d’une façon ou d’une autre. C’est aussi une intervention intentionnelle et à échelle planétaire. Le préfixe géo : signale une action d’échelle globale tandis que le mot ingénieur veut dire initialement un constructeur d’engins de guerre, ces 2 paramètres sont importants à cause de leur grande échelle ; le jardinage par exemple n’est pas de la géo-ingénierie, c’est une manipulation intentionnelle de la nature certes, mais seulement à l’échelle d’un jardin !
Cette science se nourrit des échecs répétés des conférences et congrès internationaux, 23 COP et
4 décennies de beaux discours et d’espoirs déçus , la réduction des émissions causant le
réchauffement n’a jamais été la priorité des grandes puissances, il y a les pays qui en parlent mais
ne font rien, et il y’a les pays qui ne font directement rien. Il faut noter qu’en 1960, les USA
cherchaient à ensemencer les nuages à l’aide de sels d’iodure d’argent afin de faire tomber la
pluie, la Russie dans les années 80, et la Chine lors des JO de 2008 ont suivi.
Mais fini le temps des tirs sporadiques destinés à faire pleuvoir aux alentours, les chercheurs
tentent désormais de refroidir l’ensemble de la planète en captant un MAXIMUM DE CO2, qui
contribue grandement à l’effet de serre, mais le hic est que leurs trouvailles engendreraient des
effets secondaires désastreux. Après le temps des climato-sceptiques, celui des des APPRENTIS
SORCIERS DU CLIMAT serait enfin venu .
La plupart des solutions avancées ne prennent pas suffisamment en compte la question des
conséquences à long terme, en guise d’exemple : le cas de l’afforestation considérée comme une
méthode douce . En principe, personne ne s’y oppose puisqu’il s’agit de planter des arbres à
croissance rapide afin de stocker du CO2 de manière naturelle. Une récente étude du Wood Hole
research center, un organisme de recherche américain indépendant affirme que « L’arrêt de la
déforestation et un programme de reboisement ne représentent que le quart du chemin
nécessaire pour limiter la hausse de la température à 1,5°C.» Mais en pratique, ce n’est pas simple,
pour peser sur le climat mondial, il faut mobiliser des surfaces énormes peut-être presque le
double de la surface de l’Inde. Outre que cela mettrait en péril la biodiversité, les nouvelles terres
boisées entreraient en concurrence avec les cultures destinées à nourrir les populations et
« L’afforestation aggraveraient sans doute ainsi les tensions sur l’approvisionnement de l’eau »
ajoute un chercheur du CNRS/Météo France.
Une autre piste consiste à capter le CO2 directement dans l’atmosphère grâce à d’immenses usines
aspirateurs. La société Climat Works basée à Zurich en Suisse, est déjà passée à l’action. Ces usines
pompent le CO2, le filtrent et le séparent des particules d’Oxygène et de Carbone; en captant 900
tonnes de CO2/an, ce procédé est bien plus efficace que celui de la photosynthèse des végétaux
mais même avec 300 000 usines de la sorte cela ne représentera qu’1% des émissions mondiales de
CO2.
Aspirateurs de CO2 contre l’effet de serre, Suisse
Dernière faiblesse du procédé : le dioxyde de carbone récupéré doit être traité et à ce stade la
seule solution consiste à l’enfouir dans le sol, et le piéger là. Les ingénieurs travaillent depuis 20 ans,
sur cette technologie qui consiste à comprimer le CO2 et à l’injecter dans un état « supercritique »
intermédiaire entre gaz et liquide dans les entrailles de notre planète. Testée en Norvège, au
Canada et en France, la pratique soulève des questions sur tout ce qui concerne l’imperméabilité
des roches situées au-dessus du réservoir sur le long terme, ce qui ne rassure pas les populations
concernées. Si le sol ne suffit pas, la mer est une 2nde alternative car elle constitue un absorbeur
naturel du CO2 et représente 70% de la surface de la terre ! Mais les résultats de cette dernière en
ce qui concerne le captage du gaz carbonique sont décevants .
Après la terre et la mer, les chercheurs cherchent à agir dans l’air, non pour piéger le CO2, mais
pour refroidir l’atmosphère. Tel est le principe du CLOUD BRIGHTENING ; en injectant de l’eau
salée dans les nuages, ces derniers sont rendus plus brillants, ils peuvent alors renvoyer vers
l’espace une plus grande partie des rayons du soleil qu’ils reçoivent et contribuer ainsi au
refroidissement des températures.
Cloud brightening
Une autre technique, celle des aérosols, semble plus prometteuse à grande échelle. Son objectif :
répandre des particules dans la partie basse de la stratosphère, à une altitude comprise entre 10 et
20 Km afin de réfléchir une partie du rayonnement solaire vers l’espace. Le même processus se
passe lors des éruptions volcaniques qui projettent des milliards des particules dans le ciel
provoquant un épais brouillard. Après celle du Pinatubo aux Philippines, en 1991, la température
moyenne du globe avait baissé de ½ degré en raison des particules ayant séjourné dans la
stratosphère.
L’humanité peut donc , sans trop de frais agir sur la température moyenne de la planète. Mais la
question qui se pose : quelles particules envoyer sans nous plonger dans d’irréversibles effets
secondaires ? la réponse : les molécules soufrées, celles-ci étaient les plus indiquées mais dernière
découverte, elles contribuent à l’amincissement de la couche d’Ozone, c’est pourquoi les
scientifiques d’Harvard travaillent actuellement sur un composé à base de calcaire palpable pour
réfracter les rayons du soleil, sans creuser la couche d’Ozone, ils espèrent effectuer un essai en
2018 sur une surface d’1km de longueur et de 100 mètres de largeur à l’aide d’un ballon
stratosphérique. Mais là encore, gare aux effets secondaires !!!
Ballon stratosphérique
Conclusion : Chaque solution même prometteuse, aura des conséquences environnementales en
cascade ainsi que des problèmes réglementaires et de gouvernance. Comme pour le nucléaire, les
géopoliticiens pointent déjà d’éventuelles crises, voir des risques de guerre. LA VRAIE SOLUTION
FACE AU RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE C’EST DE RÉDUIRE LES ÉMISSIONS. La géo-ingénierie devra
être utilisée en DERNIER RECOURS.
Rédigé par : Reem Chebli