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Vieillir: agoniser ou vivre?

Ihsane Zahiri
08/10/2018 20:18

Taille diminuée, cheveux blancs, rides, voix tremblante, c’est ce qu’on aperçoit en rencontrant un sujet âgé, mais le fond est comme toujours une autre histoire.
Physiologiquement, la vieillesse débute à 25 ans, on commence à perdre 1 million de cellules par jour et c’est dû à plusieurs facteurs environnementaux et sociaux. Quant au vieillissement, c’est un long processus continu et irréversible qui s’inscrit dans la temporalité de l’individu. Il correspond aux changements psychologiques et physiologiques qui modifient les différentes structures de l’organisme humain. Tous ces changements ne sont pas simultanés, ils diffèrent d’une personne à une autre selon divers antécédents. Ainsi ce passage peut être sans difficultés, comme il peut générer plusieurs troubles psychologiques souvent négligés.

On estime que 60 à 70% des dépressions chez les sujets âgés sont méconnues ou négligées, ceci est peut-être dû au fait qu’elles sont masquées par des troubles somatiques notamment des troubles de sommeil, de l’appétit, humeur dépressive, fatigue et plusieurs symptômes moins évidents qui reflètent le ralentissement psychomoteur.
Souvent, après avoir pris sa retraite, et suite à une maladie ou un veuvage, les sujets âgés deviennent dépendants d’autres personnes ce qui leur oblige à changer leurs habitudes de vie et les gênent d’un côté. D’autre côté, la plupart d’entre eux n’arrivent pas à trouver de nouveaux intérêts et se sentent isolés de la société et non tolérés mêmes par leurs proches. D’où le sentiment du rapprochement de la mort commence à hanter leurs esprits et leur vie se dénude de sens. De ce fait, la dépression constitue la principale cause de suicide chez les personnes âgées.

D’après une étude transversale à base communautaire effectuée à Los Angels, les personnes âgées ayant subi un isolement social souffrent de troubles de sommeil, de fatigue et de dépression. Cet isolement est souvent le résultat de déficits sensoriels notamment la perte de l’audition qui est très répandue et qui est associée à des comorbidités telles que la fragilité, les chutes et la dépression tardive. En outre, les personnes âgées, ayant connu une perte sociale ou vivant dans des réseaux sociaux restreints, sont plus susceptibles de développer une dépression que les personnes vivant dans des réseaux sociaux intégrés ou sans expérience de perte, selon une étude longitudinale représentative de la cohorte basée sur l’étude longitudinale de Leipzig en Allemagne.

A ce jour, les traitements pharmacologiques restent les plus couramment utilisés contre ce type de dépression. Par contre, depuis que le mode de vie sédentaire et les mauvaises habitudes alimentaires sont devenus comme étant des facteurs d’apparition et d’évolution de la dépression, de nombreux articles et analyses ont prouvé qu’un mode de vie actif associé à une alimentation équilibrée peut promouvoir la santé mentale tout au long de la vie et lutter contre la dépression chez les sujets âgés à faible coût. De même, une étude analysant les effets d’un programme d’entraînement fonctionnel de 10 semaines sur la douleur, l’état de l’humeur, le sommeil et la dépression a démontré l’amélioration de ceux-ci chez les sujets âgés en bonne santé et a recommandé l’entraînement fonctionnel comme prévention et traitement de l’insomnie, de la dépression et de la modification d’états d’humeur.

En somme, Les connaissances sur l’influence des habitudes alimentaires et sur la détresse psychologique fournissent des informations précieuses sur la manière dont la société peut promouvoir des modes de vie sains pour une population vieillissante, par exemple en améliorant les connaissances des personnes âgées en matière d’alimentation, en leur fournissant le soutien social dont ils ont besoin et en leur facilitant l’exercice de la vie quotidienne.

Rédigé par: Maha Mezouar